Décidément, il n'est pas aisé de se faire une idée précise du degré de satisfaction des patients confrontés à la médecine ou à la chirurgie esthétiques. Suivant les interventions, les praticiens, les structures (hôpital ou clinique), les résultats varient. Ainsi, les indices de satisfaction semblent osciller entre 90% (réductions mammaires) et 70 % (rhinoplasties)... sachant que ces études sont le fait des chirurgiens eux-mêmes, ce qui peut prêter à douter de certains résultats. Parfois, un élément vient perturber ce consensus de "bons résultats" : une étude récente menée par des praticiens américains dans un hôpital (New York) a testé le degré de satisfaction de 55 patients opérés par des "résidents" (chirurgiens en fin d'étude) sous surveillance de leurs "maîtres" (chirurgiens confirmés). L'équivalent français consisterait à évaluer le degré de satisfaction de patients opérés à l'hôpital (partie "publique") où sont formés les chirurgiens esthétiques en vue d'obtenir ultérieurement la "spécialité" reconnue par le Conseil de l'ordre des médecins. Résultats de cette étude : 60% des patients ont considéré le résultat comme étant bon ou excellent... et donc 40% n'étaient pas satisfaits ? Elément rassurant : 78% des patients de l'étude referaient l'intervention si elle était à refaire (An outcome-based study of aesthetic surgery in a clinic setting - Zweifler M, Glasberg SB - Ann Plast Surg 2000 Apr;44(4):355-60 - Abstract en anglais). En fait, la petite taille de l'échantillon (55 patients) ne permet pas de tirer des conclusions fiables, et encore moins de permettre une extrapolation de ces résultats à la France. Le "timing" de ces études d'évaluation peut avoir une importance déterminante. Ainsi, les taux de satisfaction concernant les prothèses d'augmentation mammaire sont élevés dans les premières années et diminuent au fur et à mesure que les ennuis commencent (fuites / coques / réinterventions...). En fait, les risques sont ici cumulatifs, et l'évaluation, pour être valide, devrait se faire également après 10, 15 et 20 ans - ce qui est très rarement le cas. Concernant la médecine esthétique (injections / laser...), les quelques rares études de satisfaction / évaluation sont surtout menées par les fabricants des appareils et des produits, avec un nombre insuffisant de patients et sur une durée de suivi trop courte ! Devant ce constat, on ne peut que souhaiter de nouvelles études de satisfaction / évaluation des techniques et des produits, aussi bien en médecine qu'en chirurgie esthétiques, à la condition que ces études n'émanent pas systématiquement des praticiens et des fabricants que des esprits "malveillants" pourraient soupçonner d'être juge et partie... sont développées dans le cadre d'un abonnement à INFOESTH. Copyright © 2001-2007 INFOESTH - Tous droits réservés. |