Par ailleurs, l'âge du premier mariage est retardé un peu plus chaque année. En 2000, les femmes célibataires de moins de cinquante ans se sont mariées à 28 ans en moyenne (contre 23 ans en 1980), et les hommes célibataires de moins de cinquante ans à 30,2 ans. On pourrait en déduire que ces mariages sont donc célébrés en toute connaissance de cause - après un choix "réfléchi" - et que les ruptures, après tant de précautions (essai "pour voir" et âge mature), devraient être plus rares. Il n'en est rien si l'on se fie au taux de séparations (union libre) et de divorces. Ce dernier se situe aux environs de 50% aussi bien en Amérique du Nord qu'en Europe (plus de 60% en région parisienne !!), auquel il conviendrait d'ajouter les couples qui sont insatisfaits, malheureux et qui ne se séparent pas... Ce taux s'est stabilisé si l'on considère l'ensemble de la population, mais si on le calcule selon l'année de mariage, on observe que la probabilité continue d'augmenter pour les jeunes couples. Par exemple, le taux était de 30% pour les couples formés en 1950, de 50% pour ceux formés dans des années 70 et de 67% pour ceux formés dans les années 90 (Goleman / 1997). La moitié des divorces se produisent dans les sept premières années de mariage. Concernant les PACS (actuellement 8 PACS pour 100 mariages célébrés), ils n'échappent pas à la tendance générale : au 31 décembre 2002, 5 688 PACS avaient été dissous, soit un taux de 7,8 ruptures pour 100 pactes sur trois ans. Par année, à mesure qu'on s'éloigne de la date de création du PACS, ces chiffres sont en nette augmentation : on a enregistré trois fois plus de dissolutions en 2002 qu'en 2001... La trajectoire de vie des couples a fait l'objet d'une étude menée pendant trois ans auprès de 175 couples. Au fil du temps, le taux d'unions stables a diminué de façon linéaire. Après un an, 82,6% de l'ensemble des conjoints avaient "survécu à leur union" et étaient toujours avec leur partenaire. Après trois ans, ce chiffre était passé à 71,8%. C'est dire que près de 30% des couples avaient rompu avant trois ans. Les courbes de "survie" diminuent beaucoup plus rapidement chez les conjoints insatisfaits de leur relation, ce qui se comprend aisément. Après trois ans, 89% des conjoints heureux en ménage au début étaient toujours ensemble alors que seulement 48% des conjoints insatisfaits vivaient encore avec leur partenaire. Ainsi, les couples dont la relation est empreinte de chicanes, de mésententes, de distance et de monotonie ont plus de 50% de risques de connaître une rupture. Par ailleurs, les conjoints en union libre sont plus insatisfaits, plus instables et moins engagés dans leur relation que les couples mariés. Parmi les 175 couples de la même étude, 60% des conjoints cohabitaient avec leur partenaire et 40% étaient mariés. Si le risque de rupture n'est pas le même pour les couples mariés et pour les conjoints en union libre, il se profile toutefois de la même manière : les courbes de survie de ces deux groupes sont en effet proportionnelles. Autre élément de l'étude : plus le nombre de relations précédant l'union actuelle est élevé, plus le risque de rupture augmente. A l'arrivée, seuls environ 20% des couples réussissent à être "heureux" la plupart du temps... ![]() Copyright © 2004 MEDIA - Tous droits réservés |