"J'ai raté mes deux mariages. Ma première femme est partie ; la seconde est restée..."
(Pierre Doris)

Après tout, on peut se dire que si la magie n'a pas survécue aux premières années, c'est qu'il y a de bonnes raisons et qu'il ne sert à rien d'insister, de tenter de "sauver le couple" à tout prix... que c'est une sorte de fatalité qui arrive à tout le monde... qu'il vaut mieux se séparer surtout s'il n'y a pas d'enfants... qu'il vaut mieux se séparer parce qu'il y a des enfants qui ne supportent plus les disputes continuelles... bref, qu'il vaut mieux se séparer.

Après tout, on a pu faire une erreur de casting. On va y remédier en allant voir ailleurs.
Et cette fois-ci, on ne va pas se tromper car on sait maintenant mieux ce que l'on veut, et surtout ce que l'on ne veut plus...

Stratégie aussi classique que peu efficace dans la mesure où une grande part de la prochaine union reposera sur l'un des problèmes déjà rencontré et non réglé : soi-même.
Car il ne faudrait pas croire que le choix précédent soit le fait d'un hasard aussi pernicieux qu'aveugle. On était bien là, amoureux, croyant - ou voulant croire - à la pérennité de cet amour éternel... qui a duré quelques années.
Mais en cas d'échec, il semble plus simple de recommencer sans trop se poser de questions. Ce qui aboutit le plus souvent à un nomadisme affectif, une série d'échecs plus ou moins désespérants... jusqu'à considérer pour certain(e)s "qu'il vaut mieux vivre seul(e) que mal accompagné(e)"... (lire article) ce qui n'est qu'un choix par défaut car l'évolution (au sens Darwinien du terme) nous a construit comme une animal social...

Toujours est-il que l'une des conséquences de cette augmentation des séparations est que, selon une étude de l'INSEE (1997), 28% des dossiers traités par le barreau pour des particuliers concernent le divorce ou des questions connexes (pension alimentaire, séparation de corps...) : c'est le principal motif pour lequel les particuliers consultent un avocat !

Près de 60% de ces divorces demeurent conflictuels sur un point ou un autre, ce qui est déjà très pénible pour les ex-partenaires mais l'est encore plus pour les enfants éventuels, car tout le monde s'accorde sur un point : ce n'est pas tant le divorce que la manière dont les parents se séparent qui perturbe l'enfant (=> lire).

S'il existe de "beaux mariages", il n'y a pas en revanche de "beau" divorces.
"Le divorce, c'est la guerre...", écrit Françoise Chandernagor dans "La première épouse" : "...pas une guerre de "pros" ou de mercenaires, nette et sans bavure, mais une guerre d'amateurs, de "civils", la pire qui soit"
. Les images employées sont saisissantes et mettent à mal les théories à la mode du divorce en douceur et sans douleur.
C'est une épreuve souvent terrible sur le plan personnel. Il ne faut pas s'étonner si les compagnies d'assurances le placent plus haut que le déménagement, le deuil ou l'incendie sur l'échelle des traumatismes. C'est qu'avec le divorce, on a tous les malheurs en un : le deuil (on perd son conjoint), le déménagement (on perd sa maison), l'incendie (on perd ses meubles)...

Toutes les unions n'aboutissent certes pas à une rupture, mais cela n'empêche pas pour autant la détresse psychologique de ceux qui ne veulent (peuvent ?) pas se séparer malgré une relation de couple déplorable. Il s'agit d'ailleurs d'un motif de consultation médicale fréquent.
On connaît en effet les effets dévastateurs, autant pour les enfants que pour les parents, de la souffrance psychologique associée aux conflits conjugaux sévères et chroniques : l'alcoolisme, l'hypertension, les suicides (ou tentatives), les divers troubles psychosomatiques, l'insomnie... avec leurs conséquences professionnelles, amicales...

A contrario, on connaît de mieux en mieux les effets positifs des unions sereines sur la santé...






"Mariage serein, coeur sain"

Un bon mariage rend le cœur heureux, selon une étude financée par la Fondation des maladies du cœur.

"Il y a peu de doute qu'un mariage harmonieux donne un avantage en matière de santé du cœur", selon le Dr Brian Baker, chercheur financé par la Fondation des maladies du cœur. Mais pas question de prescrire le mariage à tous ses patients car, dit-il, tous les mariages ne sont pas heureux.
L'étude en question a été présentée devant le Congrès canadien sur la santé cardiovasculaire 2001, organisé par la Fondation des maladies du cœur du Canada et la Société canadienne de cardiologie.

Cette étude de trois ans a porté sur 118 hommes et femmes souffrant d'hypertension artérielle modérée. Le tiers des participants étaient des femmes et les deux tiers, des hommes. Tous étaient mariés, bien qu'aucun participant n'était marié entre eux.

Au début et à la fin de cette étude de trois ans, les participants ont répondu à un questionnaire conçu pour mesurer leur satisfaction - ou insatisfaction - par rapport à leur mariage. On a aussi mesuré leur tension artérielle et pratiqué une échocardiographie pour mesurer le volume de leur cœur. "Les personnes dont les parois du cœur sont plus épaisses ont tendance à avoir une tension artérielle plus élevée. Des parois cardiaques plus minces indiquent une tension artérielle moins élevée", explique le Dr Baker, psychiatre spécialisé en médecine cardiovasculaire.

Durant une période de 24 heures les participants ont porté un appareil qui mesurait les fluctuations journalières de leur tension artérielle pendant qu'ils vaquaient à leurs occupations quotidiennes.

Dans le groupe dont les mariages étaient problématiques, l'épaisseur des parois cardiaques a augmenté en moyenne de 8%. Dans le groupe se déclarant heureux en ménage, cette épaisseur a en fait diminué de 5%. Le groupe des gens insatisfaits de leur union a aussi affiché des tensions artérielles moyennes plus élevées au cours de la période de surveillance de 24 heures comme sur l'ensemble des trois ans.

"Quand un mariage va bien, l'engagement et la satisfaction sont plus élevés, dit le Dr Baker. Mais pour bénéficier de l'effet cardioprotecteur, vous devez avoir de fréquents contacts. Nous avons découvert que ceux et celles qui ont à la fois la satisfaction et l'occasion de passer du temps ensemble voient leur tension artérielle diminuer. Dans un bon mariage, vous passez plus de temps ensemble. Les personnes qui ont déclaré avoir un bon soutien de la part de leur conjoint passaient près de deux fois plus de temps avec leur partenaire. Mais quand le mariage va mal, les partenaires ont tendance à s'éviter".

Un mariage en difficulté semble encourager l'hypertension et les modes de vies malsains, deux facteurs de risque de maladies du cœur et d'accident vasculaire cérébral. Le Dr Anthony Graham, porte-parole de la Fondation des maladies du cœur, dit aussi : "Cette étude vient s'ajouter à toutes celles qui démontrent l'existence d'une dimension physiologique de l'insatisfaction et du stress. Un mode de vie sain devrait signifier plus que la simple forme physique, sans en diminuer l'importance. Se sentir bien dans sa peau et entretenir de saines relations peut aussi être un excellent remède".

Source : Fondation des maladies du cœur / 21 octobre 2001



Suite =>






Copyright © 2004 MEDIA - Tous droits réservés